La Nasa apporte son expertise scientifique à l’étude des ovni

Le patron de l’agence spatiale a nommé un directeur en charge des études sur les « phénomènes anormaux non identifiés », en lien avec l’agence en charge du dossier au département américain de la défense.

Après un peu plus d’un an d’étude, les 16 experts indépendants nommés par la Nasa ont rendu jeudi leur rapport sur les phénomènes anormaux non identifiés (Pan), soit ce que décrivait le plus désuet « ovni » (objet volant non identifié), mais aussi des événements qui pourraient se dérouler en mer ou sur terre. Ces experts (un ancien astronaute, des scientifiques et des ingénieurs) se gardent bien de donner un avis sur la possible origine extraterrestre des phénomènes inexpliqués. Mais ils recommandent que l’agence spatiale américaine mette son expertise et ses moyens scientifiques et techniques au service de l’étude rigoureuse de ces phénomènes inexpliqués.

« L’importance de détecter » ces phénomènes avec « des capteurs multiples et bien calibrés est primordiale », et la Nasa possède en ce domaine une grande « expertise », qui pourrait être utilisée dans le cadre d’une « campagne de collecte de données rigoureuse », souligne le rapport.

Transparence

« L’équipe d’experts n’a pas trouvé que les Pan avaient une origine extraterrestre, a expliqué le patron de la Nasa, Bill Nelson, dans une conférence de presse. Mais quelle est leur explication ? Nous ne le savons pas. Mais nous allons essayer de le comprendre, et nous allons le faire d’une manière ouverte et transparente. »

La Transparence Version Nasa a toutefois ses limites… Bill Nelson a annoncé avoir nommé un directeur en charge du dossier, qui ferait le lien avec l’agence du Pentagone étudiant les cas d’ovnis, le All Domain Anomaly Resolution Office (bureau de résolution des anomalies tout domaine, Aaro). Mais interrogé sur l’identité de ce nouveau directeur, Bill Nelson a refusé de révéler son nom.

Nous voulons nous éloigner du sensationnalisme et nous concentrer sur l’étude scientifique de ces phénomènes.

Bill Nelson, administrateur de la Nasa.

L’utilisation par la Nasa du terme de « phénomènes anormaux non identifiés » (UAP en anglais) à la place du plus populaire d’Ovnis (UFO en anglais) est clairement un moyen de déstigmatiser un terme souvent associé à des annonces plus ou moins sérieuses. « Nous voulons nous éloigner du sensationnalisme et nous concentrer sur l’étude scientifique de ces phénomènes », a assuré le patron de l’agence américaine. « La plupart des Pan peuvent être expliqués par des objets conventionnels, des avions, des ballons ou d’autres phénomènes aériens, mais quelques très rares cas restent inexpliqués », a résumé David Spergel, l’astrophysicien qui a dirigé le groupe d’experts pour la Nasa. Pour ces quelques cas, trouver une explication s’apparente à « chercher une aiguille dans une botte de foin », avec le handicap « de ne pas savoir à quoi ressemble l’aiguille. »

Un demi siècle d’avance pour la France

Une fois n’est pas coutume, la France a presque un demi-siècle d’avance sur les États-Unis dans ce domaine. C’est exactement ce souci de traiter le phénomène avec sérieux et sans a priori qui avait présidé à la création en 1977 d’un bureau dédié au sujet au Cnes, l’agence spatiale française. Ce bureau, le groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés (Gepan), existe toujours, et un « I » a été rajouté à son nom en 2005 (Geipan) pour évoquer son rôle d’information du public. L’organisme a traité en presque 50 ans plus de 3 000 observations, dont seulement 100, soit 3 %, ne sont pas identifiés après enquête.

L’annonce de la Nasa intervient dans un contexte très particulier à Washington. Depuis quelques années, le sujet des ovnis est abordé ouvertement au plus haut niveau de l’État, avec des vidéos déclassifiées par le département de la Défense, des commissions du congrès consacrées au sujet, et même le témoignage d’un ancien militaire qui a affirmé, sans en fournir de preuves, que le Pentagone détenait secrètement des vaisseaux extraterrestres pour les étudier. Un mouvement qui s’est concrètement traduit en juillet 2022 par la création d’un organisme gouvernemental chargé d’enquêter sur le sujet, l’Aaro.

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